Publications
Restriction des lipides dans la petite enfance : un rôle dans l’épidémie d’obésité ?
Publié le 16/03/2026
Marie-Françoise Rolland-Cachera
Rolland-Cachera MF. Perspective: Fat Reduction Campaigns and Their Impact on Young Children-The Root Cause of the Obesity Epidemic? Adv Nutr. 2026 Feb;17(2):100576. doi: 10.1016/j.advnut.2025.100576. Epub 2025 Dec 19. PMID: 41422935; PMCID: PMC12859491.
Depuis plusieurs dizaines d’années, les scientifiques s’interrogent sur le paradoxe entre la diminution des apports caloriques et lipidiques, et l’augmentation de la prévalence de l’obésité. De nombreux titres, tels que « Unanswered questions about the causes of obesity » dans la revue « Sciences » mettent en évidence ce problème.
La diminution des apports ne concerne pas l’ensemble de la population de façon équivalente. Peu d’études ont examiné l’impact des campagnes de restriction des lipides chez les jeunes enfants. Cependant, avant l’âge de 2 ans (période sensible des « 1000 premiers jours »), les apports atteignent des niveaux très faibles. Vers l’âge de 1 an, dans un grand nombre des pays, près de 90% des enfants ont des apports inférieurs aux recommandations et jusqu’à 98% dans l’étude française EDEN.
Depuis les études de David Barker, il est bien établi que les restrictions énergétiques au début de la vie conduisent à un métabolisme économe (The thrifty metabolism concept) programmant le risque de développer des maladies métaboliques et l’obésité. En plus d’un effet lié au métabolisme énergétique, un effet sur le statut hormonal peut expliquer l’augmentation de l’obésité. Des restrictions énergétiques, entrainant une diminution de la leptine au début de la vie conduiraient à développer la résistance à la leptine, caractéristique des sujets obèses.
En résumé, les campagnes visant à réduire la consommation de graisses ont : (i) réduit l'apport énergétique, en particulier chez les jeunes enfants pendant la période sensible du début de la vie, (ii) modifié les fonctions hypothalamiques et réduit les niveaux de leptine, et (iii) imprimé de manière irréversible un « métabolisme économe », programmant la résistance à la leptine et le stockage des graisses. Ce métabolisme inadapté ne parviendra pas à faire face à un futur environnement obésogène.
Ce mécanisme pourrait résoudre le paradoxe de la prévalence croissante de l'obésité malgré l'absence d'augmentation des apports énergétiques. Ces propositions pourront ouvrir de nouvelles pistes de recherche et attirer l’attention sur le fait que la réduction des graisses ne doit pas s’appliquer aux jeunes enfants.
Rolland-Cachera MF. Perspective: Fat Reduction Campaigns and Their Impact on Young Children-The Root Cause of the Obesity Epidemic? Adv Nutr. 2026 Feb;17(2):100576. doi: 10.1016/j.advnut.2025.100576. Epub 2025 Dec 19. PMID: 41422935; PMCID: PMC12859491.
Depuis plusieurs dizaines d’années, les scientifiques s’interrogent sur le paradoxe entre la diminution des apports caloriques et lipidiques, et l’augmentation de la prévalence de l’obésité. De nombreux titres, tels que « Unanswered questions about the causes of obesity » dans la revue « Sciences » mettent en évidence ce problème.
La diminution des apports ne concerne pas l’ensemble de la population de façon équivalente. Peu d’études ont examiné l’impact des campagnes de restriction des lipides chez les jeunes enfants. Cependant, avant l’âge de 2 ans (période sensible des « 1000 premiers jours »), les apports atteignent des niveaux très faibles. Vers l’âge de 1 an, dans un grand nombre des pays, près de 90% des enfants ont des apports inférieurs aux recommandations et jusqu’à 98% dans l’étude française EDEN.
Depuis les études de David Barker, il est bien établi que les restrictions énergétiques au début de la vie conduisent à un métabolisme économe (The thrifty metabolism concept) programmant le risque de développer des maladies métaboliques et l’obésité. En plus d’un effet lié au métabolisme énergétique, un effet sur le statut hormonal peut expliquer l’augmentation de l’obésité. Des restrictions énergétiques, entrainant une diminution de la leptine au début de la vie conduiraient à développer la résistance à la leptine, caractéristique des sujets obèses.
En résumé, les campagnes visant à réduire la consommation de graisses ont : (i) réduit l'apport énergétique, en particulier chez les jeunes enfants pendant la période sensible du début de la vie, (ii) modifié les fonctions hypothalamiques et réduit les niveaux de leptine, et (iii) imprimé de manière irréversible un « métabolisme économe », programmant la résistance à la leptine et le stockage des graisses. Ce métabolisme inadapté ne parviendra pas à faire face à un futur environnement obésogène.
Ce mécanisme pourrait résoudre le paradoxe de la prévalence croissante de l'obésité malgré l'absence d'augmentation des apports énergétiques. Ces propositions pourront ouvrir de nouvelles pistes de recherche et attirer l’attention sur le fait que la réduction des graisses ne doit pas s’appliquer aux jeunes enfants.
Associations entre les expositions aux additifs alimentaires conservateurs et l'incidence de diabète de type 2 dans la cohorte prospective NutriNet-Santé
Publié le 06/03/2026
Anaïs Hasenböhler, Guillaume Javaux, Marie Payen de la Garanderie, Fabien Szabo de Edelenyi, Laurent Bourhis, Cédric Agaësse, Alexandre De Sa, Inge Huybrechts, Fabrice Pierre, Xavier Coumoul, Chantal Julia, Emmanuelle Kesse-Guyot, Benjamin Allès, Léopold K Fezeu, Serge Hercberg, Mélanie Deschasaux-Tanguy, Emmanuel Cosson, Sopio Tatulashvili, Benoit Chassaing, Bernard Srour, Mathilde Touvier
Hasenböhler A, Javaux G, Payen de la Garanderie M, Szabo de Edelenyi F, Bourhis L, Agaësse C, De Sa A, Huybrechts I, Pierre F, Coumoul X, Julia C, Kesse-Guyot E, Allès B, Fezeu LK, Hercberg S, Deschasaux-Tanguy M, Cosson E, Tatulashvili S, Chassaing B, Srour B, Touvier M. Associations between preservative food additives and type 2 diabetes incidence in the NutriNet-Santé prospective cohort. Nat Commun. 2026 Jan 7;16(1):11199. doi: 10.1038/s41467-025-67360-w. PMID: 41501013; PMCID: PMC12780003.
Des études expérimentales ont suggéré des effets indésirables potentiels de certains conservateurs alimentaires, mais les données épidémiologiques sont manquantes. Notre objectif était d'étudier pour la première fois les associations entre l'exposition aux additifs conservateurs et l'incidence du diabète de type 2 dans la cohorte prospective NutriNet-Santé (n = 108 723 ; 79,2 % de femmes ; âge moyen = 42,5 ans (écart-type = 14,6) ; France, 2009-2023). Les apports alimentaires ont été évalués à l'aide d’enregistrements alimentaires de 24 heures répétés tous les six mois. L'exposition aux additifs a été évaluée grâce à de multiples bases de données de composition et à des analyses de laboratoire ad hoc sur des matrices alimentaires. Les associations entre les expositions cumulées aux conservateurs et l'incidence de diabète ont été caractérisées à l'aide de modèles de Cox ajustés sur les facteurs de confusion potentiels. Au cours du suivi 1 131 cas de diabète de type 2 ont été diagnostiqués. Dans cette étude, 58 conservateurs étaient consommés par au moins un participant. Parmi ceux-ci, 17 ont été consommés par au moins 10 % de la population étudiée et ont donc été étudiés individuellement. Treize conservateurs individuels couramment utilisés (12 après correction pour tests multiples) étaient associés à une incidence plus élevée de diabète de type 2 (n=1131 cas) : sorbate de potassium, métabisulfite de potassium, nitrite de sodium, acides acétique, citrique et phosphorique, acétates de sodium, propionate de calcium, ascorbate de sodium, alpha-tocophérol, érythorbate de sodium et extraits de romarin. Ces résultats appellent à une réévaluation de l’innocuité des conservateurs et de leur ratio bénéfice/risque. Ils appuient les recommandations du programme National Nutrition Santé visant à privilégier les aliments pas ou peu transformés, sans additifs superflus.
Hasenböhler A, Javaux G, Payen de la Garanderie M, Szabo de Edelenyi F, Bourhis L, Agaësse C, De Sa A, Huybrechts I, Pierre F, Coumoul X, Julia C, Kesse-Guyot E, Allès B, Fezeu LK, Hercberg S, Deschasaux-Tanguy M, Cosson E, Tatulashvili S, Chassaing B, Srour B, Touvier M. Associations between preservative food additives and type 2 diabetes incidence in the NutriNet-Santé prospective cohort. Nat Commun. 2026 Jan 7;16(1):11199. doi: 10.1038/s41467-025-67360-w. PMID: 41501013; PMCID: PMC12780003.
Des études expérimentales ont suggéré des effets indésirables potentiels de certains conservateurs alimentaires, mais les données épidémiologiques sont manquantes. Notre objectif était d'étudier pour la première fois les associations entre l'exposition aux additifs conservateurs et l'incidence du diabète de type 2 dans la cohorte prospective NutriNet-Santé (n = 108 723 ; 79,2 % de femmes ; âge moyen = 42,5 ans (écart-type = 14,6) ; France, 2009-2023). Les apports alimentaires ont été évalués à l'aide d’enregistrements alimentaires de 24 heures répétés tous les six mois. L'exposition aux additifs a été évaluée grâce à de multiples bases de données de composition et à des analyses de laboratoire ad hoc sur des matrices alimentaires. Les associations entre les expositions cumulées aux conservateurs et l'incidence de diabète ont été caractérisées à l'aide de modèles de Cox ajustés sur les facteurs de confusion potentiels. Au cours du suivi 1 131 cas de diabète de type 2 ont été diagnostiqués. Dans cette étude, 58 conservateurs étaient consommés par au moins un participant. Parmi ceux-ci, 17 ont été consommés par au moins 10 % de la population étudiée et ont donc été étudiés individuellement. Treize conservateurs individuels couramment utilisés (12 après correction pour tests multiples) étaient associés à une incidence plus élevée de diabète de type 2 (n=1131 cas) : sorbate de potassium, métabisulfite de potassium, nitrite de sodium, acides acétique, citrique et phosphorique, acétates de sodium, propionate de calcium, ascorbate de sodium, alpha-tocophérol, érythorbate de sodium et extraits de romarin. Ces résultats appellent à une réévaluation de l’innocuité des conservateurs et de leur ratio bénéfice/risque. Ils appuient les recommandations du programme National Nutrition Santé visant à privilégier les aliments pas ou peu transformés, sans additifs superflus.
Associations entre les expositions aux additifs alimentaires conservateurs et l'incidence de cancer dans la cohorte prospective NutriNet-Santé
Publié le 06/03/2026
Anaïs Hasenböhler, Guillaume Javaux, Marie Payen de la Garanderie, Fabien Szabo de Edelenyi, Paola Yvroud-Hoyos, Cédric Agaësse, Alexandre De Sa, Inge Huybrechts, Fabrice Pierre, Marc Audebert, Xavier Coumoul, Chantal Julia, Emmanuelle Kesse-Guyot, Benjamin Allès, Valérie Deschamps, Serge Hercberg, Benoit Chassaing, Bernard Srour, Mélanie Deschasaux-Tanguy, Mathilde Touvier
Hasenböhler A, Javaux G, Payen de la Garanderie M, de Edelenyi FS, Yvroud-Hoyos P, Agaësse C, De Sa A, Huybrechts I, Pierre F, Audebert M, Coumoul X, Julia C, Kesse-Guyot E, Allès B, Deschamps V, Hercberg S, Chassaing B, Srour B, Deschasaux-Tanguy M, Touvier M. Intake of food additive preservatives and incidence of cancer: results from the NutriNet-Santé prospective cohort. BMJ. 2026 Jan 7;392:e084917. doi: 10.1136/bmj-2025-084917. PMID: 41500678.
Objectif : Étudier l'association entre la consommation d'additifs alimentaires conservateurs et l'incidence de cancer dans une vaste cohorte prospective.
Contexte : Cohorte française NutriNet-Santé, 2009-2023.
Participants : 105 260 participants (≥15 ans) sans cancer prévalent ayant rempli au moins deux enregistrements alimentaires de 24 heures à l’inclusion.
Méthodes : L’apport cumulé en conservateurs a été évalué au fil du temps à l’aide d’enregistrements alimentaires de 24 heures répétés tous les six mois incluant les noms commerciaux/marques des aliments industriels consommés. Ces informations ont été mises en lien avec de multiples bases de données de composition et des dosages d’additifs dans les produits alimentaires ont été réalisés pour les paires additif-aliment les plus fréquemment consommées. Les associations entre l’exposition aux conservateurs (3 catégories : non consommateurs ou faibles consommateurs / consommateurs moyens / plus forts consommateurs) et l’incidence de cancer ont été caractérisées à l’aide de modèles de Cox à risques proportionnels ajustés sur les facteurs de confusion potentiels.
Résultats : L’âge moyen des participants au début de l’étude était de 42,0 ans (écart type [ET] : 14,5 ans), et 78,7 % étaient des femmes. Un cancer incident a été diagnostiqué chez 4 226 participants (suivi moyen = 7,57 ans [ET : 4,56 ans]), dont 1 208 cancers du sein, 508 de la prostate, 352 colorectaux et 2 158 autres localisations de cancers. Une consommation plus élevée de plusieurs conservateurs était associée à une incidence plus élevée de cancers : les conservateurs non-antioxydants totaux étaient associés à une incidence plus élevée de cancers au global (risque relatif pour les consommateurs élevés par rapport aux non-consommateurs ou aux consommateurs faibles : 1,16 [intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,07 à 1,26] ; risque absolu de cancer à 60 ans : respectivement 13,3 % et 12,1 %) et de cancer du sein (1,22 [1,05 à 1,41] ; 5,7 % et 4,8 %), sorbates totaux, et plus particulièrement sorbate de potassium, associés à l’incidence de cancer au global (1,14 [1,04 à 1,24] ; 13,4 %, 11,8 %) et de cancer du sein plus spécifiquement (1,26 [1,07 à 1,49] ; 5,7 %, 4,6 %) ; sulfites totaux associés au risque de cancer au global (1,12 [1,02 à 1,24] ; 13,4 %, 11,9 %) ; métabisulfite de potassium associé à l’incidence de cancer au global (1,11 [1,03 à 1,20] ; 13,5 %, 12,0 %) et de cancer du sein (1,20 [1,04 à 1,38] ; 5,7 %, 4,9 %) ; nitrite de sodium associé au cancer de la prostate (1,32 [1,02 à 1,70] ; 4,2 %, 3,4 %) ; nitrate de potassium et cancer au global (1,13 [1,05 à 1,23] ; 14,0 %, 12,0 %) et cancer du sein (1,22 [1,05 à 1,41] ; 5,9 %, 4,8 %) ; acétates totaux et cancer au global (1,15 [1,06 à 1,25] ; 14,3 %, 12,2 %) et cancer du sein (1,25 [1,07 à 1,45] ; 6,1 %, 4,9 %) ; acide acétique et cancer au global (1,12 [1,01 à 1,25] ; 14,4 %, 12,4 %) ; et érythorbate de sodium et cancer au global (1,12 [1,04 à 1,22] ; 13,5 %, 11,9 %) et cancer du sein (1,21 [1,04 à 1,41] ; 5,7 %, 4,8 %). Sur les 17 conservateurs étudiés individuellement, 11 n'étaient pas associés à l'incidence de cancer.
Hasenböhler A, Javaux G, Payen de la Garanderie M, de Edelenyi FS, Yvroud-Hoyos P, Agaësse C, De Sa A, Huybrechts I, Pierre F, Audebert M, Coumoul X, Julia C, Kesse-Guyot E, Allès B, Deschamps V, Hercberg S, Chassaing B, Srour B, Deschasaux-Tanguy M, Touvier M. Intake of food additive preservatives and incidence of cancer: results from the NutriNet-Santé prospective cohort. BMJ. 2026 Jan 7;392:e084917. doi: 10.1136/bmj-2025-084917. PMID: 41500678.
Objectif : Étudier l'association entre la consommation d'additifs alimentaires conservateurs et l'incidence de cancer dans une vaste cohorte prospective.
Contexte : Cohorte française NutriNet-Santé, 2009-2023.
Participants : 105 260 participants (≥15 ans) sans cancer prévalent ayant rempli au moins deux enregistrements alimentaires de 24 heures à l’inclusion.
Méthodes : L’apport cumulé en conservateurs a été évalué au fil du temps à l’aide d’enregistrements alimentaires de 24 heures répétés tous les six mois incluant les noms commerciaux/marques des aliments industriels consommés. Ces informations ont été mises en lien avec de multiples bases de données de composition et des dosages d’additifs dans les produits alimentaires ont été réalisés pour les paires additif-aliment les plus fréquemment consommées. Les associations entre l’exposition aux conservateurs (3 catégories : non consommateurs ou faibles consommateurs / consommateurs moyens / plus forts consommateurs) et l’incidence de cancer ont été caractérisées à l’aide de modèles de Cox à risques proportionnels ajustés sur les facteurs de confusion potentiels.
Résultats : L’âge moyen des participants au début de l’étude était de 42,0 ans (écart type [ET] : 14,5 ans), et 78,7 % étaient des femmes. Un cancer incident a été diagnostiqué chez 4 226 participants (suivi moyen = 7,57 ans [ET : 4,56 ans]), dont 1 208 cancers du sein, 508 de la prostate, 352 colorectaux et 2 158 autres localisations de cancers. Une consommation plus élevée de plusieurs conservateurs était associée à une incidence plus élevée de cancers : les conservateurs non-antioxydants totaux étaient associés à une incidence plus élevée de cancers au global (risque relatif pour les consommateurs élevés par rapport aux non-consommateurs ou aux consommateurs faibles : 1,16 [intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,07 à 1,26] ; risque absolu de cancer à 60 ans : respectivement 13,3 % et 12,1 %) et de cancer du sein (1,22 [1,05 à 1,41] ; 5,7 % et 4,8 %), sorbates totaux, et plus particulièrement sorbate de potassium, associés à l’incidence de cancer au global (1,14 [1,04 à 1,24] ; 13,4 %, 11,8 %) et de cancer du sein plus spécifiquement (1,26 [1,07 à 1,49] ; 5,7 %, 4,6 %) ; sulfites totaux associés au risque de cancer au global (1,12 [1,02 à 1,24] ; 13,4 %, 11,9 %) ; métabisulfite de potassium associé à l’incidence de cancer au global (1,11 [1,03 à 1,20] ; 13,5 %, 12,0 %) et de cancer du sein (1,20 [1,04 à 1,38] ; 5,7 %, 4,9 %) ; nitrite de sodium associé au cancer de la prostate (1,32 [1,02 à 1,70] ; 4,2 %, 3,4 %) ; nitrate de potassium et cancer au global (1,13 [1,05 à 1,23] ; 14,0 %, 12,0 %) et cancer du sein (1,22 [1,05 à 1,41] ; 5,9 %, 4,8 %) ; acétates totaux et cancer au global (1,15 [1,06 à 1,25] ; 14,3 %, 12,2 %) et cancer du sein (1,25 [1,07 à 1,45] ; 6,1 %, 4,9 %) ; acide acétique et cancer au global (1,12 [1,01 à 1,25] ; 14,4 %, 12,4 %) ; et érythorbate de sodium et cancer au global (1,12 [1,04 à 1,22] ; 13,5 %, 11,9 %) et cancer du sein (1,21 [1,04 à 1,41] ; 5,7 %, 4,8 %). Sur les 17 conservateurs étudiés individuellement, 11 n'étaient pas associés à l'incidence de cancer.
Différences dans l'apport quotidien moyen en macronutriments, caféine et eau selon le niveau de morbidité mentale
Publié le 12/01/2026
Valentina A Andreeva, Nathalie Arnault, Cécilia Samieri, Stéphanie Chambaron, Marie-Claude Brindisi, Serge Hercberg, Pilar Galan, Jean-Michel Oppert, Mathilde Touvier, Léopold K Fezeu
Andreeva VA, Arnault N, Samieri C, Chambaron S, Brindisi MC, Hercberg S, Galan P, Oppert JM, Touvier M, Fezeu LK. Differences in mean daily intake of macronutrients, caffeine and water by level of mental morbidity. Int J Food Sci Nutr. 2025 Dec 2:1-13. doi: 10.1080/09637486.2025.2593890. Epub ahead of print. PMID: 41330872.
Nous avons étudié les apports en macronutriments, en caféine et en eau selon le niveau de morbidité mentale, en nous concentrant sur l’anxiété, l’insomnie et les troubles du comportement alimentaire isolés ou comorbides. Cette étude descriptive transversale a utilisé les données de 2013–2017 de la cohorte NutriNet-Santé. L’apport alimentaire a été évalué à l’aide d’au moins 3 rappels alimentaires de 24 heures. Nous avons analysé l’apport énergétique moyen et la contribution (en %) des glucides, protéines et lipides à l’apport énergétique journalier ; les glucides totaux, simples et complexes ; les protéines totales, animales et végétales ; les lipides totaux, les acides gras saturés, mono-insaturés et poly-insaturés ; le cholestérol ; ainsi que la caféine et l’eau. Les données ont été pondérées et des analyses de variance (ANOVA) ont été réalisées sur un échantillon de 23 965 adultes. Globalement, les hommes présentant les trois troubles mentaux (eg, multimorbidité mentale) avaient la plus forte contribution de glucides et les plus faibles contributions de protéines et de lipides à l’apport énergétique journalier. Les adultes présentant une multimorbidité mentale avait les taux d’obésité et les apports en caféine les plus élevés, quel que soit le sexe. L’apport moyen en eau ne présentait pas d’association avec la morbidité mentale. Ces résultats pourraient aider à générer des hypothèses concernant des expositions alimentaires susceptibles de jouer un rôle dans le risque de multimorbidité mentale.
Andreeva VA, Arnault N, Samieri C, Chambaron S, Brindisi MC, Hercberg S, Galan P, Oppert JM, Touvier M, Fezeu LK. Differences in mean daily intake of macronutrients, caffeine and water by level of mental morbidity. Int J Food Sci Nutr. 2025 Dec 2:1-13. doi: 10.1080/09637486.2025.2593890. Epub ahead of print. PMID: 41330872.
Nous avons étudié les apports en macronutriments, en caféine et en eau selon le niveau de morbidité mentale, en nous concentrant sur l’anxiété, l’insomnie et les troubles du comportement alimentaire isolés ou comorbides. Cette étude descriptive transversale a utilisé les données de 2013–2017 de la cohorte NutriNet-Santé. L’apport alimentaire a été évalué à l’aide d’au moins 3 rappels alimentaires de 24 heures. Nous avons analysé l’apport énergétique moyen et la contribution (en %) des glucides, protéines et lipides à l’apport énergétique journalier ; les glucides totaux, simples et complexes ; les protéines totales, animales et végétales ; les lipides totaux, les acides gras saturés, mono-insaturés et poly-insaturés ; le cholestérol ; ainsi que la caféine et l’eau. Les données ont été pondérées et des analyses de variance (ANOVA) ont été réalisées sur un échantillon de 23 965 adultes. Globalement, les hommes présentant les trois troubles mentaux (eg, multimorbidité mentale) avaient la plus forte contribution de glucides et les plus faibles contributions de protéines et de lipides à l’apport énergétique journalier. Les adultes présentant une multimorbidité mentale avait les taux d’obésité et les apports en caféine les plus élevés, quel que soit le sexe. L’apport moyen en eau ne présentait pas d’association avec la morbidité mentale. Ces résultats pourraient aider à générer des hypothèses concernant des expositions alimentaires susceptibles de jouer un rôle dans le risque de multimorbidité mentale.
Évaluation des trajectoires d’évolution des pressions environnementales liées à l’alimentation sur huit années dans la cohorte NutriNet-Santé
Publié le 12/01/2026
Elie Perraud, Aurélien Chayre, Sylvaine Berger, Annabelle Richard, Hafsa Toujgani, Justine Berlivet, Mathilde Touvier, Benjamin Allès, Serge Hercberg, Denis Lairon, Philippe Pointereau, Hélène Fouillet, François Mariotti, Julia Baudry, Christian Couturier, Emmanuelle Kesse-Guyot & TRANSFood
Perraud E, Chayre A, Berger S, Richard A, Toujgani H, Berlivet J, Touvier M, Allès B, Hercberg S, Lairon D, Pointereau P, Fouillet H, Mariotti F, Baudry J, Couturier C, Kesse-Guyot E; TRANSFood Consortium. Exploring eight-year trajectories of diet-related environmental pressures in the NutriNet-Santé cohort. Sci Rep. 2025 Dec 6. doi: 10.1038/s41598-025-29786-6. Epub ahead of print. PMID: 41350591.
Peu d’études se sont intéressées à l’évolution des pressions environnementales de l’alimentation des individus, au-delà des émissions de gaz à effet de serre et de l’utilisation des terres.
Cette étude a analysé les changements dans six pressions environnementales liés à l’alimentation chez 8 905 adultes français de la cohorte NutriNet-Santé, ayant renseigné leurs habitudes alimentaires en 2014, 2018 et 2022, en distinguant les aliments issus de l’agriculture biologique et conventionnelle.
Six dimensions de l’impact environnemental ont été prises en compte :
Perraud E, Chayre A, Berger S, Richard A, Toujgani H, Berlivet J, Touvier M, Allès B, Hercberg S, Lairon D, Pointereau P, Fouillet H, Mariotti F, Baudry J, Couturier C, Kesse-Guyot E; TRANSFood Consortium. Exploring eight-year trajectories of diet-related environmental pressures in the NutriNet-Santé cohort. Sci Rep. 2025 Dec 6. doi: 10.1038/s41598-025-29786-6. Epub ahead of print. PMID: 41350591.
Peu d’études se sont intéressées à l’évolution des pressions environnementales de l’alimentation des individus, au-delà des émissions de gaz à effet de serre et de l’utilisation des terres.
Cette étude a analysé les changements dans six pressions environnementales liés à l’alimentation chez 8 905 adultes français de la cohorte NutriNet-Santé, ayant renseigné leurs habitudes alimentaires en 2014, 2018 et 2022, en distinguant les aliments issus de l’agriculture biologique et conventionnelle.
Six dimensions de l’impact environnemental ont été prises en compte :
• Les émissions de gaz à effet de serre
• L’occupation des terres
• La consommation d’énergie
• L’utilisation d’infrastructures agroécologiques (ex : haies, mares, murets…)
• La consommation d’eau
• L’utilisation de pesticides
Ces dimensions ont été étudiées à travers un indicateur permettant de les regrouper ainsi qu’individuellement. Nous avons ainsi pu identifier des profils de trajectoires d’évolution des pressions environnementales.
Dans l’ensemble, les résultats montrent une légère amélioration de l’impact environnemental des régimes alimentaires au cours du temps dans la population étudiée. Par exemple, les émissions de gaz à effet de serre ont diminué d’environ 12 %, et la consommation d’eau d’environ 1 %.
En revanche, l’utilisation d’infrastructures écologiques a également diminué (-9 %), ce qui est défavorable pour la biodiversité.
Les participants ont suivi différents profils d’évolution, mais la majorité présente des changements stables ou modérés.
Les profils montrant une augmentation des pressions environnementales sont associés à une consommation plus élevée de viande, tandis que ceux présentant les plus faibles pressions environnementales correspondent à une alimentation plus riche en aliments d’origine végétale.
En conclusion, même si une partie de la population semble consciente de l’importance d’une alimentation plus durable, cette étude montre que les améliorations restent globalement modestes, et que seule une très faible proportion de personnes a fortement réduit l’impact environnemental de son alimentation.
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