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Association entre les pressions environnementales alimentaires et les principales maladies chroniques : évaluation à partir de la cohorte prospective NutriNet-Santé

Publié le 28/11/2025
Emmanuelle Kesse-Guyot, Aurélien Chayre, Elie Perraud, Sylvaine Berger, Annabelle Richard, Justine Berlivet, Mathilde Touvier, Benjamin Allès, Serge Hercberg, Denis Lairon, Philippe Pointereau, Hélène Fouillet, Julia Baudry, Christian Couturier, François Mariotti

Kesse-Guyot E, Chayre A, Perraud E, Berger S, Richard A, Berlivet J, Touvier M, Allès B, Hercberg S, Lairon D, Pointereau P, Fouillet H, Baudry J, Couturier C, Mariotti F. Association between dietary environmental pressures and major chronic diseases: assessment from the prospective NutriNet-Santé cohort. Lancet Reg Health Eur. 2025 Oct 7;59:101481. doi: 10.1016/j.lanepe.2025.101481. PMID: 41127057; PMCID: PMC12538917.    

Contexte et enjeux : Les régimes riches en aliments végétaux offrent potentiellement des co-bénéfices pour la santé humaine et l’environnement. Cependant, la plupart des études examinent le rôle sur la santé de régimes peu impactants pour l’environnement non directement l’association entre l’empreinte environnementale et des événements de santé. Par ailleurs, la majorité des études se focalisent sur les émissions de gaz à effet de serre et l’occupation des terres. Cette étude examine les liens entre les pressions environnementales liées à l’alimentation, évaluées par des indicateurs variés et selon les modes de production et le risque de maladies chroniques et la mortalité. 

Résultats : Les données de 34 077 participants de la cohorte française NutriNet-Santé ont été utilisées. Les données alimentaires ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire de fréquence alimentaire, distinguant les aliments issus de production biologique ou conventionnelle, puis combinées avec des indicateurs environnementaux de la production alimentaire distinguant les deux modes de production. Les associations entre les émissions de gaz à effet de serre, la demande énergétique, l’occupation des terres, les infrastructures écologiques, l’utilisation de l’eau, la fréquence de traitement par pesticides, et un indicateur synthétique de pression environnementale (EPI) et l’incidence de cancers, de maladies cardiovasculaires (globales, coronariennes et cérébrovasculaires), de diabète de type 2 et le risque de mortalité ont été estimées à l’aide d’un modèle multivariable de risques proportionnels de Cox pondéré (redressement sur la structure de la population française).  Les cofacteurs incluaient des données sociodémographiques, liées aux modes de vie, reproductives, hormonales et métaboliques. Sur une période de suivi médiane de 8.39 ans (IQR=5.62, 256 891 années-personnes), Les pressions environnementales globales liées à la production alimentaire, telles qu'estimées par l’EPI, étaient positivement liées au risque de toutes les maladies chroniques étudiées, à l'exception des accidents vasculaires cérébraux. Une augmentation d’un écart-type du score EPI était associée à une hausse du risque, allant de 1.15 pour le cancer (hazard-ratio=1.15 ; IC95%=1.03-1.28)  à 1.50 pour les maladies coronariennes et le diabète de type 2 (ic95%=1.29-1.73). Aucune relation n'a été observée entre le score EPI et le risque d'AVC ou de mortalité. 

Perspectives : Les régimes alimentaires ayant un faible impact environnemental sont associés à d'importants bénéfices pour la santé (réduction du risque de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et de cancer). Les co-bénéfices d’un régime moins nuisible à l’environnement varient selon les indicateurs environnementaux, comme en témoignent les associations inverses avec la consommation d’eau et l’infrastructure écologique. Cependant, la tendance générale soutient l’hypothèse selon laquelle des systèmes alimentaires à impact environnemental réduit pourraient être des leviers clés pour la durabilité à la fois environnementale et sanitaire. Mettre en avant ces co-bénéfices pour la santé pourrait séduire les personnes moins concernées par les enjeux environnementaux.

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Niveau de transformation des produits végétaux : impact sur la santé cardiovasculaire

Publié le 28/11/2025
Clémentine Prioux, Emmanuelle Kesse-Guyot, Bernard Srour, Léopold K. Fézeu, Julia Baudry, Sandra Wagner, Serge Hercberg, Mathilde Touvier, Benjamin Allès

Prioux C, Kesse-Guyot E, Srour B, Fezeu LK, Baudry J, Wagner S, Hercberg S, Touvier M, Allès B. Cardiovascular disease risk and the balance between animal-based and plant-based foods, nutritional quality, and food processing level in the French NutriNet-Santé cohort: a longitudinal observational study. The Lancet Regional Health – Europe, Volume 0, Issue 0, 101470. doi: https://doi.org/10.1016/j.lanepe.2025.101470.
    
De précédentes études ont rapporté qu'une consommation élevée d'aliments dits ultra-transformés était associée à un risque accru de développer des maladies cardiovasculaires, parallèlement à d'autres travaux qui ont montré qu'une alimentation incluant une forte part de produits végétaux, lorsqu'ils sont équilibrés sur le plan nutritionnel, diminuerait le risque de développer ces maladies.

Pour étudier les liens entre nutrition et santé cardiovasculaire, cette étude va au-delà de la distinction entre origine végétale ou animale d'un aliment, en intégrant la qualité nutritionnelle, par exemple la teneur en glucides, lipides ou vitamines et minéraux antioxydants, mais aussi le degré de transformation des aliments. Les données de santé de 63 835 adultes participant à la cohorte française NutriNet-Santé ont été analysées. La période de suivi était de 9,1 ans en moyenne et pouvait alter jusqu'à 15 ans pour les premiers inclus. Les apports alimentaires, c’est-à-dire les aliments et boissons consommés sur au moins 3 journées, ont été recueillis grâce à des questionnaires en ligne. Ce recueil détaillé permet de distinguer 3 types d'alimentation, en comparant la part des produits végétaux face à celle des produits animaux, et en considérant leur qualité nutritionnelle, mais aussi leur niveau de transformation industrielle.

Ainsi, il est apparu que les adultes ayant une alimentation plus riche en produits végétaux de meilleure qualité nutritionnelle (moins riche en lipides, sucre et sel) et pas ou peu transformés industriellement, présentaient un risque de maladies cardiovasculaires inférieur d'environ 40 % comparé aux personnes qui avaient une alimentation plus pauvre en ces produits végétaux, et plus riche en produits animaux. Les adultes ayant une alimentation plus riche en produits végétaux de meilleure qualité nutritionnelle mais ultra-transformés comme des pains complets industriels, soupes du commerce, plats préparés à base de pâtes ou salades assaisonnées du commerce (comparés aux personnes qui avaient une alimentation plus pauvre en ces produits et plus riches en produits animaux), ne présentaient pas un risque inférieur de maladies cardiovasculaires. Le risque de maladies cardiovasculaires était supérieur d'environ 40 % pour les adultes qui consommaient une forte part de produits végétaux de moindre qualité nutritionnelle et ultra-transformés (chips, boissons sucrées à base de fruits ou sodas d'extraits végétaux, produits sucrés chocolatés ou confiseries, céréales du petit déjeuner sucrées, biscuits salés, etc.) comparé aux personnes ayant une alimentation plus riche en produits végétaux de bonne qualité nutritionnelle et peu ou pas transformés industriellement.

Ces résultats soulignent la nécessité de considérer à la fois la qualité nutritionnelle et le degré de transformation et de formulation des aliments, en plus de l'équilibre végétal-animal dans l'alimentation, pour mieux évaluer les liens entre nutrition et santé cardiovasculaire. Ils viennent apporter de nouveaux arguments afin d'encourager les politiques publiques en nutrition et santé à promouvoir des aliments végétaux qui soient à la fois de bonne qualité nutritionnelle et peu ou pas transformés (fruits et légumes frais, surgelés ou en conserves de bonne qualité, par exemple sans ajout de lipides, sel, sucre et additifs).

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Valeurs de référence de la force musculaire chez les adultes français : Résultats de l’étude NutriNet-Santé

Publié le 13/10/2025
Abdouramane Soumare, Jean-Michel Oppert, Laurent Bourhis, Alice Bellicha, Pilar Galan, Serge Hercberg, Mathilde Touvier, Léopold K Fezeu, Jérémy Vanhelst

Soumaré A, Oppert JM, Bourhis L, Bellicha A, Galan P, Hercberg S, Touvier M, Fezeu LK, Vanhelst J. Handgrip strength reference values and determinants of muscle weakness in French adults: results from the NutriNet-Santé study. J Sports Med Phys Fitness. 2025 Oct 3. doi: 10.23736/S0022-4707.25.16833-3. Epub ahead of print. PMID: 41042151.

Introduction
La force musculaire est reconnue comme un déterminant important de l’état nutritionnel et de la santé. Plusieurs études ont démontré qu’une faible force musculaire des membres supérieurs (force de préhension) est associée à un risque accru de différentes maladies chroniques et de mortalité toutes causes. Des valeurs de référence de la force de préhension chez l’adulte ont été établies dans de nombreux pays. Elles sont régulièrement utilisées pour la surveillance de la condition physique et de la santé des populations. A ce jour, il n’existe pas de valeurs de référence de la force de préhension chez l’adulte en France. L’objectif principal de cette étude était de déterminer les percentiles de la force musculaire par sexe et catégorie d’âge chez l’adulte. L’objectif secondaire consistait à évaluer l’association entre la force de préhension et les variables sociodémographiques et anthropométriques.

Méthodes
Un échantillon de 18 532 adultes de la cohorte NutriNet-Santé (5 262 hommes, 13 090 femmes) agés de 18 à 91 ans ont été inclus dans cette étude. La force de préhension des participants a été évaluée par le test du handgrip à l’aide d’un dynamomètre hydraulique JamarTM. Les participants étaient en position assise, le coude fléchi à 90 degrés, et ont serré progressivement et continuellement aussi fort que possible pendant 2 à 3 secondes. Le test a été effectué à 3 reprises en alternant le bras dominant et le bras non dominant. Pour chaque bras, la valeur maximale exprimée en kg, a été retenue. L’échantillon a été redressé suivant les données de l’INSEE pour le calcul des percentiles. Un modèle de régression logistique multivarié ajusté sur l’activité physique, le tabac, le niveau d’éducation, l’âge et les revenus a été utilisé pour évaluer l’association entre les variables sociodémographiques et anthropométriques et une faible force de préhension (< 20ème percentile).

Résultats
Les percentiles de la force de préhension (P5, P10, P20, P30, P40, P50, P60, P70, P80, P90, et P95) ont été fournis en valeurs absolues (kg) et relatives (par rapport à la masse corporelle et à l’indice de masse corporelle), par catégorie d’age et sexe pour le bras dominant et non dominant. Pour les deux sexes, une association significative a été rétrouvée entre une faible force de préhension et la maigreur (IMC<18.5 kg/m²) (hommes: OR 2,14 [1,16-3,96]; femmes: OR 1,61 [1,33-1,95]), un niveau faible d’activité physique (femmes: OR 0,73 [0,65-0,82] pour le niveau elevé; hommes: OR 0,74 [0,61-0,89] pour le niveau élevé) et le fait d’être un ancien ou fumeur actuel uniquement chez les hommes (OR 1,20 [1,03-1,40] et OR 1,35 [1,06-1,73], respectivement chez les ex ou fumeurs actuel). Chez les femmes, une association a été retrouvée avec d’autres facteurs tels qu’un faible niveau d’éducation (niveau BAC+3: OR 0.84 [0,75-0,94]; niveau BAC+5: OR 0,78 [0,68-0,88]) et l’âge (45-49 ans (OR 1,27 [1,05-1,53]); 55-59 ans (OR 1,32 [1,10-1,58])).

Conclusions
Les données collectées dans l’étude NutriNet-Santé ont permis d’établir les premières valeurs de référence de la force de préhension chez les adultes en France. La connaissance de ces valeurs et des facteurs associés permettra de cibler les populations cibles des programmes et interventions, incluant la promotion de l’activité physique favorable à la santé.

Mots clés : Force musculaire.  Dynamomètre. Valeurs de référence.

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Associations entre des réseaux de profils alimentaires dérivés d’algorithmes d’apprentissage automatique et le risque cardiovasculaire dans la cohorte NutriNet-Santé

Publié le 13/10/2025
Mélina Côté, Joy M Hutchinson, Mathilde Touvier, Bernard Srour, Laurent Bourhis, Benoît Lamarche, Léopold K Fezeu

Côté M, Hutchinson JM, Touvier M, Srour B, Bourhis L, Lamarche B, Fezeu LK. Associations between dietary pattern networks derived from machine learning algorithms and cardiovascular risk in the NutriNet-Santé cohort. J Nutr. 2025 Sep 22:S0022-3166(25)00558-9. doi: 10.1016/j.tjnut.2025.09.014. Epub ahead of print. PMID: 40992665.

Contexte :
Les avancées majeures dans les domaines de la science des données et de l’apprentissage automatique ont permis le développement de nouvelles méthodes, telles que les modèles graphiques gaussiens et l’algorithme de Louvain, pour identifier des profils alimentaires.

Objectif :
Identifier des réseaux de profils alimentaires à l’aide d’approches computationnelles innovantes, et examiner leurs associations avec le risque de maladies cardiovasculaires (MCV) dans un échantillon de la population française.

Méthodes :
L’étude a porté sur un échantillon de 99 362 participants âgés de 15 ans ou plus issus de la cohorte NutriNet-Santé. Les apports alimentaires ont été évalués à l’aide d’au moins deux rappels alimentaires de 24 heures, regroupés en 42 groupes d’aliments (en g/jour).  Les événements cardiovasculaires ont été recueillis via des questionnaires de santé, puis validés à partir des dossiers médicaux. Les modèles graphiques gaussiens ont été utilisés conjointement à l’algorithme de Louvain pour identifier des réseaux de profils alimentaires. Les modèles graphiques gaussiens représentent les relations entre plusieurs variables (ici, les groupes d’aliments) à partir de matrices de corrélations conditionnelles. L’algorithme de Louvain permet d’extraire des communautés distinctes au sein de grands réseaux.
Les relations entre les réseaux alimentaires identifiés et l’incidence des MCV ont été évaluées par des modèles de Cox à risques proportionnels, ajustés sur les variables de confusion.

Résultats :
Cinq réseaux distincts de profils alimentaires ont été identifiés, reflétant la consommation :
    1.    d’aliments d’apéritif,
    2.    d’aliments du petit-déjeuner,
    3.    d’aliments d’origine végétale,
    4.    de produits ultra-transformés sucrés et snacks,
    5.    d’aliments sains.

Parmi ces réseaux, seul celui des produits ultra-transformés sucrés et snacks était associé à un risque accru de MCV, après ajustement pour l’énergie totale et les facteurs de confusion, incluant la qualité globale du régime alimentaire (HR Q5vsQ1 = 1,32 ; IC95 % : 1,11–1,57 ; p pour la tendance linéaire = 0,0002).

Conclusions :
Ces résultats suggèrent qu’un réseau alimentaire caractérisé par une consommation élevée de produits ultra-transformés sucrés et de snacks est associé à une incidence accrue de MCV dans un échantillon de la population française, indépendamment de la qualité globale de l’alimentation.
Cette approche innovante pour dériver empiriquement des réseaux alimentaires pourrait aider à identifier les groupes d’aliments souvent consommés ensemble au sein d’une population, et ainsi cibler les habitudes alimentaires à modifier pour la prévention des maladies cardiovasculaires.

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Association prospective entre l’adhérence au régime EAT-Lancet et les variations de poids, l'incidence de surpoids d'obésité dans une cohorte française

Publié le 16/09/2025
Florine Berthy, Hafsa Toujgani, Pauline Duquenne, Léopold K Fezeu, Denis Lairon, Philippe Pointereau, Mathilde Touvier, Serge Hercberg, Pilar Galan, Benjamin Allès, Julia Baudry, Emmanuelle Kesse-Guyot

Berthy F, Toujgani H, Duquenne P, Fezeu LK, Lairon D, Pointereau P, Touvier M, Hercberg S, Galan P, Allès B, Baudry J, Kesse-Guyot E. Prospective association of the EAT-Lancet reference diet with body weight changes and incidence of overweight and obesity in a French cohort. Am J Clin Nutr. 2025 Aug;122(2):450-459. doi: 10.1016/j.ajcnut.2025.06.013. Epub 2025 Jun 17. PMID: 40553762.

L’obésité est un enjeu majeur de santé publique à l’échelle mondiale. Face aux défis sanitaires et environnementaux liés aux habitudes alimentaires, la Commission EAT-Lancet a élaboré des recommandations pour définir un régime alimentaire planétaire favorisant la santé.

La présente étude vise à examiner l’association entre le régime de référence EAT-Lancet et l’évolution du poids corporel, ainsi que les incidences de surpoids (IMC ≥ 25 kg/m²) et d’obésité (IMC ≥ 30 kg/m²), dans une large cohorte française.

L’étude a analysé les données de 51711 adultes participant à la cohorte française NutriNet-Santé entre 2009 et 2023. L’exposition a été mesurée par le niveau d’adhésion au régime de référence EAT-Lancet, évalué au moyen de l’Indice de Régime EAT-Lancet (ELD-I) développé à l’EREN, classé en quintiles spécifiques au sexe et en tant que variable continue.

La relation entre le ELD-I et l’évolution du poids corporel a été étudiée à l’aide de modèles linéaires mixtes multivariables. Pour les incidences de surpoids et d’obésité, des modèles de Cox à risques proportionnels ont été utilisés.

Au cours du suivi (médiane = 8,7 ans), 4250 personnes ont développé un surpoids et 1604 une obésité. Nous avons observé une association inverse entre le niveau d’adhésion à l’ELD-I et la prise de poids (en kg) (βQ5×temps = -0,18 ; IC à 95 % : -0,20, -0,16 ; p < 0,0001).

Un niveau plus élevé d’adhésion à l’ELD-I était associé à un risque moindre de développer un surpoids (HRQ5 par rapport à Q1 : 0,60 ; IC à 95 % : 0,54, 0,66 ; p-trend < 0,0001) et une obésité (HRQ5 par rapport à Q1 : 0,54 ; IC à 95 % : 0,45, 0,63 ; p-trend < 0,0001) durant le suivi.

Cette étude prospective a montré qu’une adhésion renforcée au régime de référence EAT-Lancet est associée à un poids corporel plus faible et à une réduction des risques de surpoids et d’obésité. Ainsi, promouvoir un régime alimentaire durable riche en produits végétaux, plus respectueux de l’environnement semble être une stratégie efficace pour relever le défi mondial de la santé publique qu’est l’obésité.

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