Publications
Différences dans l'apport quotidien moyen en macronutriments, caféine et eau selon le niveau de morbidité mentale
Publié le 12/01/2026
Valentina A Andreeva, Nathalie Arnault, Cécilia Samieri, Stéphanie Chambaron, Marie-Claude Brindisi, Serge Hercberg, Pilar Galan, Jean-Michel Oppert, Mathilde Touvier, Léopold K Fezeu
Andreeva VA, Arnault N, Samieri C, Chambaron S, Brindisi MC, Hercberg S, Galan P, Oppert JM, Touvier M, Fezeu LK. Differences in mean daily intake of macronutrients, caffeine and water by level of mental morbidity. Int J Food Sci Nutr. 2025 Dec 2:1-13. doi: 10.1080/09637486.2025.2593890. Epub ahead of print. PMID: 41330872.
Nous avons étudié les apports en macronutriments, en caféine et en eau selon le niveau de morbidité mentale, en nous concentrant sur l’anxiété, l’insomnie et les troubles du comportement alimentaire isolés ou comorbides. Cette étude descriptive transversale a utilisé les données de 2013–2017 de la cohorte NutriNet-Santé. L’apport alimentaire a été évalué à l’aide d’au moins 3 rappels alimentaires de 24 heures. Nous avons analysé l’apport énergétique moyen et la contribution (en %) des glucides, protéines et lipides à l’apport énergétique journalier ; les glucides totaux, simples et complexes ; les protéines totales, animales et végétales ; les lipides totaux, les acides gras saturés, mono-insaturés et poly-insaturés ; le cholestérol ; ainsi que la caféine et l’eau. Les données ont été pondérées et des analyses de variance (ANOVA) ont été réalisées sur un échantillon de 23 965 adultes. Globalement, les hommes présentant les trois troubles mentaux (eg, multimorbidité mentale) avaient la plus forte contribution de glucides et les plus faibles contributions de protéines et de lipides à l’apport énergétique journalier. Les adultes présentant une multimorbidité mentale avait les taux d’obésité et les apports en caféine les plus élevés, quel que soit le sexe. L’apport moyen en eau ne présentait pas d’association avec la morbidité mentale. Ces résultats pourraient aider à générer des hypothèses concernant des expositions alimentaires susceptibles de jouer un rôle dans le risque de multimorbidité mentale.
Andreeva VA, Arnault N, Samieri C, Chambaron S, Brindisi MC, Hercberg S, Galan P, Oppert JM, Touvier M, Fezeu LK. Differences in mean daily intake of macronutrients, caffeine and water by level of mental morbidity. Int J Food Sci Nutr. 2025 Dec 2:1-13. doi: 10.1080/09637486.2025.2593890. Epub ahead of print. PMID: 41330872.
Nous avons étudié les apports en macronutriments, en caféine et en eau selon le niveau de morbidité mentale, en nous concentrant sur l’anxiété, l’insomnie et les troubles du comportement alimentaire isolés ou comorbides. Cette étude descriptive transversale a utilisé les données de 2013–2017 de la cohorte NutriNet-Santé. L’apport alimentaire a été évalué à l’aide d’au moins 3 rappels alimentaires de 24 heures. Nous avons analysé l’apport énergétique moyen et la contribution (en %) des glucides, protéines et lipides à l’apport énergétique journalier ; les glucides totaux, simples et complexes ; les protéines totales, animales et végétales ; les lipides totaux, les acides gras saturés, mono-insaturés et poly-insaturés ; le cholestérol ; ainsi que la caféine et l’eau. Les données ont été pondérées et des analyses de variance (ANOVA) ont été réalisées sur un échantillon de 23 965 adultes. Globalement, les hommes présentant les trois troubles mentaux (eg, multimorbidité mentale) avaient la plus forte contribution de glucides et les plus faibles contributions de protéines et de lipides à l’apport énergétique journalier. Les adultes présentant une multimorbidité mentale avait les taux d’obésité et les apports en caféine les plus élevés, quel que soit le sexe. L’apport moyen en eau ne présentait pas d’association avec la morbidité mentale. Ces résultats pourraient aider à générer des hypothèses concernant des expositions alimentaires susceptibles de jouer un rôle dans le risque de multimorbidité mentale.
Évaluation des trajectoires d’évolution des pressions environnementales liées à l’alimentation sur huit années dans la cohorte NutriNet-Santé
Publié le 12/01/2026
Elie Perraud, Aurélien Chayre, Sylvaine Berger, Annabelle Richard, Hafsa Toujgani, Justine Berlivet, Mathilde Touvier, Benjamin Allès, Serge Hercberg, Denis Lairon, Philippe Pointereau, Hélène Fouillet, François Mariotti, Julia Baudry, Christian Couturier, Emmanuelle Kesse-Guyot & TRANSFood
Perraud E, Chayre A, Berger S, Richard A, Toujgani H, Berlivet J, Touvier M, Allès B, Hercberg S, Lairon D, Pointereau P, Fouillet H, Mariotti F, Baudry J, Couturier C, Kesse-Guyot E; TRANSFood Consortium. Exploring eight-year trajectories of diet-related environmental pressures in the NutriNet-Santé cohort. Sci Rep. 2025 Dec 6. doi: 10.1038/s41598-025-29786-6. Epub ahead of print. PMID: 41350591.
Peu d’études se sont intéressées à l’évolution des pressions environnementales de l’alimentation des individus, au-delà des émissions de gaz à effet de serre et de l’utilisation des terres.
Cette étude a analysé les changements dans six pressions environnementales liés à l’alimentation chez 8 905 adultes français de la cohorte NutriNet-Santé, ayant renseigné leurs habitudes alimentaires en 2014, 2018 et 2022, en distinguant les aliments issus de l’agriculture biologique et conventionnelle.
Six dimensions de l’impact environnemental ont été prises en compte :
Perraud E, Chayre A, Berger S, Richard A, Toujgani H, Berlivet J, Touvier M, Allès B, Hercberg S, Lairon D, Pointereau P, Fouillet H, Mariotti F, Baudry J, Couturier C, Kesse-Guyot E; TRANSFood Consortium. Exploring eight-year trajectories of diet-related environmental pressures in the NutriNet-Santé cohort. Sci Rep. 2025 Dec 6. doi: 10.1038/s41598-025-29786-6. Epub ahead of print. PMID: 41350591.
Peu d’études se sont intéressées à l’évolution des pressions environnementales de l’alimentation des individus, au-delà des émissions de gaz à effet de serre et de l’utilisation des terres.
Cette étude a analysé les changements dans six pressions environnementales liés à l’alimentation chez 8 905 adultes français de la cohorte NutriNet-Santé, ayant renseigné leurs habitudes alimentaires en 2014, 2018 et 2022, en distinguant les aliments issus de l’agriculture biologique et conventionnelle.
Six dimensions de l’impact environnemental ont été prises en compte :
• Les émissions de gaz à effet de serre
• L’occupation des terres
• La consommation d’énergie
• L’utilisation d’infrastructures agroécologiques (ex : haies, mares, murets…)
• La consommation d’eau
• L’utilisation de pesticides
Ces dimensions ont été étudiées à travers un indicateur permettant de les regrouper ainsi qu’individuellement. Nous avons ainsi pu identifier des profils de trajectoires d’évolution des pressions environnementales.
Dans l’ensemble, les résultats montrent une légère amélioration de l’impact environnemental des régimes alimentaires au cours du temps dans la population étudiée. Par exemple, les émissions de gaz à effet de serre ont diminué d’environ 12 %, et la consommation d’eau d’environ 1 %.
En revanche, l’utilisation d’infrastructures écologiques a également diminué (-9 %), ce qui est défavorable pour la biodiversité.
Les participants ont suivi différents profils d’évolution, mais la majorité présente des changements stables ou modérés.
Les profils montrant une augmentation des pressions environnementales sont associés à une consommation plus élevée de viande, tandis que ceux présentant les plus faibles pressions environnementales correspondent à une alimentation plus riche en aliments d’origine végétale.
En conclusion, même si une partie de la population semble consciente de l’importance d’une alimentation plus durable, cette étude montre que les améliorations restent globalement modestes, et que seule une très faible proportion de personnes a fortement réduit l’impact environnemental de son alimentation.
Valeurs seuils de la force de préhension comme marqueur de risque de diabète de type 2 chez l’adulte en France
Publié le 26/12/2025
Thi Chi Phuong Nguyen, Jean-Michel Oppert, Laurent Bourhis, Alice Bellicha, Bernard Srour, Emmanuelle Kesse-Guyot, Pilar Galan, Serge Hercberg, Mathilde Touvier, Léopold K Fezeu, Jérémy Vanhelst
Nguyen TCP, Oppert JM, Bourhis L, Bellicha A, Srour B, Kesse-Guyot E, Hercberg S, Galan P, Touvier M, Fezeu LK, Vanhelst J. Handgrip strength cut-off points for identifying French adults at risk of type 2 diabetes. Diabetes Metab. 2025 Nov 9;52(1):101713. doi: 10.1016/j.diabet.2025.101713. Epub ahead of print. PMID: 41218736.
Introduction
Le diabète de type 2 (DT2) constitue un enjeu majeur de santé publique en raison de sa prévalence croissante (en 2019 dans le monde, 463 millions de personnes pouvant atteindre 700 millions d'ici 2045). Dépister les personnes à risque est essentiel pour la mise en place de stratégies de prévention (par ex par le mode de vie). De nombreuses études ont montré qu'une faible force musculaire, mesurée par la force de préhension (FP), est associée à un risque accru de développer un DT2. Plusieurs études anglo-saxonnes ont établi des seuils optimaux de FP pour détecter ce risque. Les données de l'étude internationale Prospective Urban Rural Epidemiology (PURE) ont révélé que les valeurs moyennes de FP varient selon les régions géographiques et l'ethnicité, soulignant l'importance de déterminer des seuils de FP spécifiques à chaque pays. À ce jour, il n'existe pas de seuils proposés pour la FP afin de prédire le DT2 chez les adultes en France. L'objectif principal de cette étude est de déterminer les valeurs seuils de la FP en fonction du sexe pour identifier le risque de DT2 chez les adultes en France. L'objectif secondaire est d'examiner les associations entre la FP absolue et relative et l'incidence du DT2.
Méthodes
Entre 2011 et 2014, 18 519 adultes (5 096 hommes) ont réalisé un test de FP à l’aide d’un dynamomètre (Jamar®, Sammons Preston Rolyan, Bolingbrook, IL, USA). Neuf indicateurs ont été dérivés, comprenant des valeurs absolues et des valeurs rapportées au poids corporel et à l’IMC. Ensuite, les participants ont complété tous les 6 mois un questionnaire santé par l’intermédiaire d’une plateforme web afin de relever l’incidence du DT2. Les cas incidents ont été vérifiés avec la base de données de l’assurance maladie (SNIIRAM). La date de fin de suivi pour cette analyse a été fixée au 31 mars 2024. Les caractéristiques démographiques, anthropométriques et les modes de vie (activité physique et alimentation) ont été également recueillies par questionnaires. Des courbes ROC (Receiver Operating Characteristic) ont été réalisées pour définir les seuils de prédiction du DT2. Des modèles de régression de Cox à risques proportionnels ajustés ont été effectués pour analyser l'association entre le DT2 et la FP.
Résultats
Sur un suivi de 9,8 ans, 329 cas incident de DT2 ont été validés. La FP absolue n’était pas associée au risque de DT2, tandis qu’une FP relative plus élevée était associée à un risque plus faible (par ex. HR pour la FP relative au poids corporel : 1,30 ; IC 95 % : 1,07–1,58). La FP relative présentait une meilleure discrimination (AUC 0,623–0,675) que la FP absolue (≤ 0,44). Les seuils optimaux étaient de 0,446 kg/kg et 1,086 kg/kg/m² (main dominante), et de 0,397 kg/kg et 1,033 kg/kg/m² (main non dominante). Une faible FP relative était associée à un risque accru (HR 1,42–1,68), de manière cohérente dans les analyses de sensibilité, selon le sexe et l’âge.
Conclusions
La force de préhension relative, mais non absolue, est indépendamment associée à l’incidence du DT2 et présente une capacité de discrimination modeste. Étant simple et peu coûteuse, la mesure de la FP pourrait constituer un outil de dépistage utile en clinique et en santé publique.
Mots clés: Force musculaire, diabète de type 2, handgrip.
Nguyen TCP, Oppert JM, Bourhis L, Bellicha A, Srour B, Kesse-Guyot E, Hercberg S, Galan P, Touvier M, Fezeu LK, Vanhelst J. Handgrip strength cut-off points for identifying French adults at risk of type 2 diabetes. Diabetes Metab. 2025 Nov 9;52(1):101713. doi: 10.1016/j.diabet.2025.101713. Epub ahead of print. PMID: 41218736.
Introduction
Le diabète de type 2 (DT2) constitue un enjeu majeur de santé publique en raison de sa prévalence croissante (en 2019 dans le monde, 463 millions de personnes pouvant atteindre 700 millions d'ici 2045). Dépister les personnes à risque est essentiel pour la mise en place de stratégies de prévention (par ex par le mode de vie). De nombreuses études ont montré qu'une faible force musculaire, mesurée par la force de préhension (FP), est associée à un risque accru de développer un DT2. Plusieurs études anglo-saxonnes ont établi des seuils optimaux de FP pour détecter ce risque. Les données de l'étude internationale Prospective Urban Rural Epidemiology (PURE) ont révélé que les valeurs moyennes de FP varient selon les régions géographiques et l'ethnicité, soulignant l'importance de déterminer des seuils de FP spécifiques à chaque pays. À ce jour, il n'existe pas de seuils proposés pour la FP afin de prédire le DT2 chez les adultes en France. L'objectif principal de cette étude est de déterminer les valeurs seuils de la FP en fonction du sexe pour identifier le risque de DT2 chez les adultes en France. L'objectif secondaire est d'examiner les associations entre la FP absolue et relative et l'incidence du DT2.
Méthodes
Entre 2011 et 2014, 18 519 adultes (5 096 hommes) ont réalisé un test de FP à l’aide d’un dynamomètre (Jamar®, Sammons Preston Rolyan, Bolingbrook, IL, USA). Neuf indicateurs ont été dérivés, comprenant des valeurs absolues et des valeurs rapportées au poids corporel et à l’IMC. Ensuite, les participants ont complété tous les 6 mois un questionnaire santé par l’intermédiaire d’une plateforme web afin de relever l’incidence du DT2. Les cas incidents ont été vérifiés avec la base de données de l’assurance maladie (SNIIRAM). La date de fin de suivi pour cette analyse a été fixée au 31 mars 2024. Les caractéristiques démographiques, anthropométriques et les modes de vie (activité physique et alimentation) ont été également recueillies par questionnaires. Des courbes ROC (Receiver Operating Characteristic) ont été réalisées pour définir les seuils de prédiction du DT2. Des modèles de régression de Cox à risques proportionnels ajustés ont été effectués pour analyser l'association entre le DT2 et la FP.
Résultats
Sur un suivi de 9,8 ans, 329 cas incident de DT2 ont été validés. La FP absolue n’était pas associée au risque de DT2, tandis qu’une FP relative plus élevée était associée à un risque plus faible (par ex. HR pour la FP relative au poids corporel : 1,30 ; IC 95 % : 1,07–1,58). La FP relative présentait une meilleure discrimination (AUC 0,623–0,675) que la FP absolue (≤ 0,44). Les seuils optimaux étaient de 0,446 kg/kg et 1,086 kg/kg/m² (main dominante), et de 0,397 kg/kg et 1,033 kg/kg/m² (main non dominante). Une faible FP relative était associée à un risque accru (HR 1,42–1,68), de manière cohérente dans les analyses de sensibilité, selon le sexe et l’âge.
Conclusions
La force de préhension relative, mais non absolue, est indépendamment associée à l’incidence du DT2 et présente une capacité de discrimination modeste. Étant simple et peu coûteuse, la mesure de la FP pourrait constituer un outil de dépistage utile en clinique et en santé publique.
Mots clés: Force musculaire, diabète de type 2, handgrip.
Three Body-Worn Accelerometers in the French NutriNet-Santé Cohort: Feasibility and Acceptability Study
Publié le 26/12/2025
Abdouramane Soumaré, Léopold K Fezeu, Jérôme Bouchan, Fabienne Delestre, Alice Bellicha, Greet Cardon, Alan Donnelly, Antje Hebestreit, Mathilde Touvier, Jean-Michel Oppert, Jérémy Vanhelst
Soumaré A, Fezeu LK, Bouchan J, Delestre F, Bellicha A, Cardon G, Donnelly A, Hebestreit A, Touvier M, Oppert JM, Vanhelst J. Three Body-Worn Accelerometers in the French NutriNet-Santé Cohort: Feasibility and Acceptability Study. JMIR Form Res. 2025 Nov 20;9:e76167. doi: 10.2196/76167. PMID: 41264348.
Introduction
La surveillance du niveau d’activité physique (AP) de la population est essentielle pour guider les politiques de santé nutritionnelle. Le développement de mesures objectives de l’AP applicables à de grands échantillons est une priorité. En effet, les questionnaires d’AP présentent l’avantage d’être peu coûteux, rapides à administrer, non-invasifs et facilement déployables sur de larges populations d’étude et sont, par conséquent, majoritairement utilisés dans les études épidémiologiques. Cependant, l’utilisation de questionnaires entraîne des erreurs importantes d’estimation dues à la difficulté de mémorisation, à l’altération des réponses par le biais de désirabilité sociale ou encore au manque de sensibilité. L’accélérométrie est la méthode objective la plus utilisée en recherche et dans un nombre croissant de pays pour la surveillance de l’état de santé de la population. L’objectif de notre étude était d’évaluer la faisabilité et l’acceptabilité de l’utilisation de trois accéléromètres disponibles dans un sous-échantillon d’adultes de la cohorte NutriNet-Santé lors de la mesure de l’AP dans les conditions habituelles de vie.
Méthodes
Cette étude s’appuie sur les données recueillies dans le cadre d’un projet européen sur le développement d’outils de mesure de l’AP impliquant l’étude NutriNet-Santé. Les participants ont porté trois accéléromètres (FitBit®, ActivPal®, ActiGraph®) durant sept jours consécutifs. La faisabilité a été évaluée à partir des données de temps de port des accéléromètres renseignées par les participants dans un journal de bord. Au décours des 7 jours d’évaluation, les participants ont rempli en ligne un questionnaire d’acceptabilité à 19 items, évaluant l’acceptabilité des trois accéléromètres. Ce questionnaire a été élaboré en se basant sur le modèle théorique d’acceptation des technologies (Technology Acceptance Model - TAM), qui identifie les déterminants de l’acceptation d’une technologie : (i) la facilité d’utilisation perçue « Perceived usefulness », (ii) et l’utilité perçue « Perceived Ease of Use ». Une échelle de Likert à 5 points a été utilisée pour exprimer le niveau d’accord/désaccord de 1 (pas du tout d’accord) à 5 (tout à fait d'accord).
Résultats
Dans cette étude ancillaire, 126 participants (62 hommes, 64 femmes), âgés de 46,3 ± 11,3 ans ont été inclus. L’échantillon était équilibré en termes de sex-ratio et de tranches d’âge. Les mesures étaient considérées comme valides (minimum quatre jours de port avec un temps supérieur ou égal à 600 minutes par jour) chez tous les participants, avec 1 049 jours valides (personne×jour) pour l’ActivPal®, 1 046 (personne×jour) pour la montre FitBit®, et 1 006 (personne×jour) pour l’ActiGraph®. Concernant la faisabilité évaluée par le temps de port quotidien, un haut niveau de compliance a été observé pour les trois accéléromètres avec des différences. L’ActivPal® (collé à la cuisse) avait le temps de port quotidien le plus élevé (Médiane : 1440 minutes ; 25e-95e percentiles : 1440 – 1440), suivi par la montre FitBit® (portée en permanence au poignet) (Médiane : 1440 minutes ; 25e-95e percentiles : 1421 – 1440), puis par l’ActiGraph® (accroché à la ceinture du lever au coucher)(Médiane : 930 minutes ; 25e-95e percentiles : 855 – 1020) (p < 0,0001). L’évaluation, à partir du questionnaire d’acceptabilité, a montré que la montre FitBit® a obtenu le meilleur score d’acceptabilité (80,5 ± 8,13), suivi par l’ActivPal® (77,8 ± 8,87) et l’accéléromètre ActiGraph® (71,7 ± 8,68) (p < 0,0001).
Conclusions
Ces résultats montrent la faisabilité et l’acceptabilité la plus élevée pour la montre FitBit® par comparaison avec les accéléromètres de recherche ActivPal® et Actigraph®. L’utilisation à grande échelle d’un tel instrument doit maintenant être évaluée en terme de logistique, de coût et de confidentialité des données.
Soumaré A, Fezeu LK, Bouchan J, Delestre F, Bellicha A, Cardon G, Donnelly A, Hebestreit A, Touvier M, Oppert JM, Vanhelst J. Three Body-Worn Accelerometers in the French NutriNet-Santé Cohort: Feasibility and Acceptability Study. JMIR Form Res. 2025 Nov 20;9:e76167. doi: 10.2196/76167. PMID: 41264348.
Introduction
La surveillance du niveau d’activité physique (AP) de la population est essentielle pour guider les politiques de santé nutritionnelle. Le développement de mesures objectives de l’AP applicables à de grands échantillons est une priorité. En effet, les questionnaires d’AP présentent l’avantage d’être peu coûteux, rapides à administrer, non-invasifs et facilement déployables sur de larges populations d’étude et sont, par conséquent, majoritairement utilisés dans les études épidémiologiques. Cependant, l’utilisation de questionnaires entraîne des erreurs importantes d’estimation dues à la difficulté de mémorisation, à l’altération des réponses par le biais de désirabilité sociale ou encore au manque de sensibilité. L’accélérométrie est la méthode objective la plus utilisée en recherche et dans un nombre croissant de pays pour la surveillance de l’état de santé de la population. L’objectif de notre étude était d’évaluer la faisabilité et l’acceptabilité de l’utilisation de trois accéléromètres disponibles dans un sous-échantillon d’adultes de la cohorte NutriNet-Santé lors de la mesure de l’AP dans les conditions habituelles de vie.
Méthodes
Cette étude s’appuie sur les données recueillies dans le cadre d’un projet européen sur le développement d’outils de mesure de l’AP impliquant l’étude NutriNet-Santé. Les participants ont porté trois accéléromètres (FitBit®, ActivPal®, ActiGraph®) durant sept jours consécutifs. La faisabilité a été évaluée à partir des données de temps de port des accéléromètres renseignées par les participants dans un journal de bord. Au décours des 7 jours d’évaluation, les participants ont rempli en ligne un questionnaire d’acceptabilité à 19 items, évaluant l’acceptabilité des trois accéléromètres. Ce questionnaire a été élaboré en se basant sur le modèle théorique d’acceptation des technologies (Technology Acceptance Model - TAM), qui identifie les déterminants de l’acceptation d’une technologie : (i) la facilité d’utilisation perçue « Perceived usefulness », (ii) et l’utilité perçue « Perceived Ease of Use ». Une échelle de Likert à 5 points a été utilisée pour exprimer le niveau d’accord/désaccord de 1 (pas du tout d’accord) à 5 (tout à fait d'accord).
Résultats
Dans cette étude ancillaire, 126 participants (62 hommes, 64 femmes), âgés de 46,3 ± 11,3 ans ont été inclus. L’échantillon était équilibré en termes de sex-ratio et de tranches d’âge. Les mesures étaient considérées comme valides (minimum quatre jours de port avec un temps supérieur ou égal à 600 minutes par jour) chez tous les participants, avec 1 049 jours valides (personne×jour) pour l’ActivPal®, 1 046 (personne×jour) pour la montre FitBit®, et 1 006 (personne×jour) pour l’ActiGraph®. Concernant la faisabilité évaluée par le temps de port quotidien, un haut niveau de compliance a été observé pour les trois accéléromètres avec des différences. L’ActivPal® (collé à la cuisse) avait le temps de port quotidien le plus élevé (Médiane : 1440 minutes ; 25e-95e percentiles : 1440 – 1440), suivi par la montre FitBit® (portée en permanence au poignet) (Médiane : 1440 minutes ; 25e-95e percentiles : 1421 – 1440), puis par l’ActiGraph® (accroché à la ceinture du lever au coucher)(Médiane : 930 minutes ; 25e-95e percentiles : 855 – 1020) (p < 0,0001). L’évaluation, à partir du questionnaire d’acceptabilité, a montré que la montre FitBit® a obtenu le meilleur score d’acceptabilité (80,5 ± 8,13), suivi par l’ActivPal® (77,8 ± 8,87) et l’accéléromètre ActiGraph® (71,7 ± 8,68) (p < 0,0001).
Conclusions
Ces résultats montrent la faisabilité et l’acceptabilité la plus élevée pour la montre FitBit® par comparaison avec les accéléromètres de recherche ActivPal® et Actigraph®. L’utilisation à grande échelle d’un tel instrument doit maintenant être évaluée en terme de logistique, de coût et de confidentialité des données.
Association entre les pressions environnementales alimentaires et les principales maladies chroniques : évaluation à partir de la cohorte prospective NutriNet-Santé
Publié le 28/11/2025
Emmanuelle Kesse-Guyot, Aurélien Chayre, Elie Perraud, Sylvaine Berger, Annabelle Richard, Justine Berlivet, Mathilde Touvier, Benjamin Allès, Serge Hercberg, Denis Lairon, Philippe Pointereau, Hélène Fouillet, Julia Baudry, Christian Couturier, François Mariotti
Kesse-Guyot E, Chayre A, Perraud E, Berger S, Richard A, Berlivet J, Touvier M, Allès B, Hercberg S, Lairon D, Pointereau P, Fouillet H, Baudry J, Couturier C, Mariotti F. Association between dietary environmental pressures and major chronic diseases: assessment from the prospective NutriNet-Santé cohort. Lancet Reg Health Eur. 2025 Oct 7;59:101481. doi: 10.1016/j.lanepe.2025.101481. PMID: 41127057; PMCID: PMC12538917.
Contexte et enjeux : Les régimes riches en aliments végétaux offrent potentiellement des co-bénéfices pour la santé humaine et l’environnement. Cependant, la plupart des études examinent le rôle sur la santé de régimes peu impactants pour l’environnement non directement l’association entre l’empreinte environnementale et des événements de santé. Par ailleurs, la majorité des études se focalisent sur les émissions de gaz à effet de serre et l’occupation des terres. Cette étude examine les liens entre les pressions environnementales liées à l’alimentation, évaluées par des indicateurs variés et selon les modes de production et le risque de maladies chroniques et la mortalité.
Résultats : Les données de 34 077 participants de la cohorte française NutriNet-Santé ont été utilisées. Les données alimentaires ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire de fréquence alimentaire, distinguant les aliments issus de production biologique ou conventionnelle, puis combinées avec des indicateurs environnementaux de la production alimentaire distinguant les deux modes de production. Les associations entre les émissions de gaz à effet de serre, la demande énergétique, l’occupation des terres, les infrastructures écologiques, l’utilisation de l’eau, la fréquence de traitement par pesticides, et un indicateur synthétique de pression environnementale (EPI) et l’incidence de cancers, de maladies cardiovasculaires (globales, coronariennes et cérébrovasculaires), de diabète de type 2 et le risque de mortalité ont été estimées à l’aide d’un modèle multivariable de risques proportionnels de Cox pondéré (redressement sur la structure de la population française). Les cofacteurs incluaient des données sociodémographiques, liées aux modes de vie, reproductives, hormonales et métaboliques. Sur une période de suivi médiane de 8.39 ans (IQR=5.62, 256 891 années-personnes), Les pressions environnementales globales liées à la production alimentaire, telles qu'estimées par l’EPI, étaient positivement liées au risque de toutes les maladies chroniques étudiées, à l'exception des accidents vasculaires cérébraux. Une augmentation d’un écart-type du score EPI était associée à une hausse du risque, allant de 1.15 pour le cancer (hazard-ratio=1.15 ; IC95%=1.03-1.28) à 1.50 pour les maladies coronariennes et le diabète de type 2 (ic95%=1.29-1.73). Aucune relation n'a été observée entre le score EPI et le risque d'AVC ou de mortalité.
Perspectives : Les régimes alimentaires ayant un faible impact environnemental sont associés à d'importants bénéfices pour la santé (réduction du risque de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et de cancer). Les co-bénéfices d’un régime moins nuisible à l’environnement varient selon les indicateurs environnementaux, comme en témoignent les associations inverses avec la consommation d’eau et l’infrastructure écologique. Cependant, la tendance générale soutient l’hypothèse selon laquelle des systèmes alimentaires à impact environnemental réduit pourraient être des leviers clés pour la durabilité à la fois environnementale et sanitaire. Mettre en avant ces co-bénéfices pour la santé pourrait séduire les personnes moins concernées par les enjeux environnementaux.
Kesse-Guyot E, Chayre A, Perraud E, Berger S, Richard A, Berlivet J, Touvier M, Allès B, Hercberg S, Lairon D, Pointereau P, Fouillet H, Baudry J, Couturier C, Mariotti F. Association between dietary environmental pressures and major chronic diseases: assessment from the prospective NutriNet-Santé cohort. Lancet Reg Health Eur. 2025 Oct 7;59:101481. doi: 10.1016/j.lanepe.2025.101481. PMID: 41127057; PMCID: PMC12538917.
Contexte et enjeux : Les régimes riches en aliments végétaux offrent potentiellement des co-bénéfices pour la santé humaine et l’environnement. Cependant, la plupart des études examinent le rôle sur la santé de régimes peu impactants pour l’environnement non directement l’association entre l’empreinte environnementale et des événements de santé. Par ailleurs, la majorité des études se focalisent sur les émissions de gaz à effet de serre et l’occupation des terres. Cette étude examine les liens entre les pressions environnementales liées à l’alimentation, évaluées par des indicateurs variés et selon les modes de production et le risque de maladies chroniques et la mortalité.
Résultats : Les données de 34 077 participants de la cohorte française NutriNet-Santé ont été utilisées. Les données alimentaires ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire de fréquence alimentaire, distinguant les aliments issus de production biologique ou conventionnelle, puis combinées avec des indicateurs environnementaux de la production alimentaire distinguant les deux modes de production. Les associations entre les émissions de gaz à effet de serre, la demande énergétique, l’occupation des terres, les infrastructures écologiques, l’utilisation de l’eau, la fréquence de traitement par pesticides, et un indicateur synthétique de pression environnementale (EPI) et l’incidence de cancers, de maladies cardiovasculaires (globales, coronariennes et cérébrovasculaires), de diabète de type 2 et le risque de mortalité ont été estimées à l’aide d’un modèle multivariable de risques proportionnels de Cox pondéré (redressement sur la structure de la population française). Les cofacteurs incluaient des données sociodémographiques, liées aux modes de vie, reproductives, hormonales et métaboliques. Sur une période de suivi médiane de 8.39 ans (IQR=5.62, 256 891 années-personnes), Les pressions environnementales globales liées à la production alimentaire, telles qu'estimées par l’EPI, étaient positivement liées au risque de toutes les maladies chroniques étudiées, à l'exception des accidents vasculaires cérébraux. Une augmentation d’un écart-type du score EPI était associée à une hausse du risque, allant de 1.15 pour le cancer (hazard-ratio=1.15 ; IC95%=1.03-1.28) à 1.50 pour les maladies coronariennes et le diabète de type 2 (ic95%=1.29-1.73). Aucune relation n'a été observée entre le score EPI et le risque d'AVC ou de mortalité.
Perspectives : Les régimes alimentaires ayant un faible impact environnemental sont associés à d'importants bénéfices pour la santé (réduction du risque de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et de cancer). Les co-bénéfices d’un régime moins nuisible à l’environnement varient selon les indicateurs environnementaux, comme en témoignent les associations inverses avec la consommation d’eau et l’infrastructure écologique. Cependant, la tendance générale soutient l’hypothèse selon laquelle des systèmes alimentaires à impact environnemental réduit pourraient être des leviers clés pour la durabilité à la fois environnementale et sanitaire. Mettre en avant ces co-bénéfices pour la santé pourrait séduire les personnes moins concernées par les enjeux environnementaux.
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