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Associations entre la substitution des fruits et légumes issus de l’agriculture conventionnelle par des fruits et légumes cultivés en agriculture biologique et le risque de cancer : Résultats de la cohorte NutriNet-Santé

Publié le 05/05/2026
Justine Berlivet, Emma Meyer, Benjamin Allès, Denis Lairon, Serge Hercberg, Mathilde Touvier, Bernard Srour, Julia Baudry, Emmanuelle Kesse-Guyot

Berlivet J, Meyer E, Allès B, Lairon D, Hercberg S, Touvier M, Srour B, Baudry J, Kesse-Guyot E. Consumption of organic versus conventional fruits and vegetables in relation to cancer risk: findings from the NutriNet-Santé cohort study. Am J Clin Nutr. 2026 Mar 18:101284. doi: 10.1016/j.ajcnut.2026.101284. Epub ahead of print. PMID: 41862000.

Contexte et objectifs

La consommation régulière de fruits et légumes (FL) est associée à un moindre risque de développer certains cancers. Cependant, les FL sont également les aliments les plus contaminés par les pesticides, dont certains ont des propriétés carcinogènes. La consommation de FL cultivés en agriculture biologique permettrait de diminuer l’exposition à ces résidus de pesticides, mais les résultats des travaux ayant étudiés l’association entre consommation d’aliments issus de l’agriculture biologique et risque de cancer ne sont pas concordants. En particulier, aucune étude n’a exploré le rôle specifique de la substitution des FL conventionnels par des FL issus de l’agriculture biologique sur le risque de cancer, au global et par localisation. 

Cette étude a pour objectif d’étudier l’association entre la substitution des FL conventionnels par des FL biologiques, à niveau de consommation égal, et le risque de cancer, dans la cohorte NutriNet-Santé, parmi plus de 170 000 volontaires, en utilisant des données de consommation détaillées issus d’un questionnaire de fréquence alimentaire à 264 items distinguant le mode de production pour chaque item.

Méthodes

Le rôle de cette substitution est étudié via des modèles de Cox multivariés à risques proportionnels. Les hazard-ratios sont estimés pour une substitution de 100 g de FL conventionnels par des FL biologiques. Des modèles marginaux structuraux sont également implémentés pour améliorer l’inférence causale.

Résultats

Au total, 31 179 participants, parmi lesquels 75% de femmes ont été inclus. 1 718 cas de cancers (dont 284 cas de cancer du sein post-ménopause) ont été enregistrés durant le suivi, qui était en moyenne de 7,3 ans (± 3,1). 

La substitution de FL conventionnels par des FL biologiques était associée à une réduction du risque de cancer toutes localisations confondues (HR (95IC%) pour une substitution de 100 g supplémentaire = 0,98 (0,95;1,00). On observait également un moindre risque de cancer du sein post-ménopause (HR (95IC%) pour une substitution de 100 g supplémentaire = 0,90 (0,85;0,96)). Aucune association n’était observée pour les autres localisations de cancers.  Les résultats concernant le cancer du sein post-ménopause étaient robustes, après des ajustements additionnels et lors de la mise en œuvre de modèles marginaux structuraux. Les résultats concernant les cancers dans leur ensemble étaient moins robustes. 

Conclusion 

Ce travail suggère que la substitution des FL conventionnels par des FL issus de l’agriculture biologique pourrait réduire le risque de certains cancers. Cela concorde avec les recommandations nutritionnelles françaises, qui promeuvent la consommation de FL, notamment issus de l’agriculture biologique. Toutefois, se pose la question de l’accessibilité géographique et financière de ces produits alimentaires.

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