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L'impulsivité en tant que trait de personnalité est associée à un risque accru d'incidence de maladie cardiovasculaires après 8 ans de suivi : résultats de la cohorte NutriNet-Santé

Publié le 24/04/2026
Carlos Gómez-Martínez, Pauline Paolassini-Guesnier, Léopold K Fezeu, Bernard Srour, Serge Hercberg, Mathilde Touvier, Nancy Babio, Jordi Salas-Salvadó, Sandrine Péneau

Gómez-Martínez C, Paolassini-Guesnier P, Fezeu LK, Srour B, Hercberg S,Touvier M, Babio N, Salas-Salvadó J, Péneau S. Trait impulsivity and risk of cardiovascular disease over 8 years: results from the NutriNet-Santé cohort. Eur J Epidemiol. 2026 Mar 18. doi: 10.1007/s10654-026-01383-5. Epub ahead of print. PMID: 41849085.

Les maladies cardiovasculaires (MCV) restent la principale cause de mortalité dans le monde, bien qu’elles soient en partie évitables. Des données émergentes suggèrent que certains traits psychologiques, tels que l’impulsivité en tant que trait de personnalité, pourraient influencer la survenue de ces maladies. Cependant, les associations entre impulsivité et MCV restent encore peu étudiées. Cette étude vise à examiner les liens entre l’impulsivité et l’incidence des MCV.

Nous avons mené une analyse prospective au sein de la cohorte française NutriNet-Santé entre mai 2014 (date d’évaluation de l’impulsivité) et février 2023, incluant des adultes âgés de 18 ans ou plus sans MCV préexistante. Les données ont été recueillies via une plateforme en ligne. L’impulsivité a été évaluée à l’aide de l’échelle de Barratt (Barratt Impulsiveness Scale, BIS-11) et classée en trois catégories : faible, modérée (référence) ou élevée. Les événements incidents de MCV, incluant les maladies coronariennes et les maladies cérébrovasculaires, ont été identifiés lors du suivi et validés par les experts de la cohorte NutriNet-Santé à partir des dossiers médicaux. Des modèles de Cox multivariés ont été utilisés pour estimer les rapports de risque et leurs intervalles de confiance à 95 % (HR [IC 95 %]). Les interactions potentielles, notamment avec le diabète de type 2 (DT2), ont également été examinées.

Parmi les 48 135 participants (78,1 % de femmes ; âge moyen : 50,5 ± 14,5 ans), 1 184 ont développé une MCV sur une durée médiane de suivi de 7,84 ans (IQR : 4,04–8,50). Une impulsivité élevée était associée à un risque accru de MCV (HR = 1,27 [1,01 ; 1,59], p = 0,039), comparativement à une impulsivité modérée. Chez les participants souffrants de DT2 (n = 1 301), une faible impulsivité était associée à un moindre risque de MCV (HR = 0,42 [0,20 ; 0,88], p = 0,022) ; aucune association de ce type n’était observée chez les participants sans DT2 (p pour interaction = 0,014).

Une impulsivité élevée était donc associée à un risque accru de MCV, tandis qu’une faible impulsivité était associée à un risque plus faible de MCV chez les individus souffrant de DT2. L’impulsivité pourrait ainsi constituer un facteur de risque psychologique pertinent des MCV et contribuer à orienter les stratégies de prévention.

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